Discours de politique générale

Le chef de groupe MR David Clarinval, s’est exprimé au Parlement dans le cadre du Discours de politique générale. Extraits :

Au-delà de nos appartenances, au-delà de nos différences, au-delà de nos divergences, nous sommes tous animés par la recherche de l’intérêt commun.

Il y a différentes conceptions de l’intérêt commun. Nous défendons tous une vision de l’homme et de la société qui nous est propre. Et nous tentons de lui donner corps quand nous avons la chance d’exercer des responsabilités.

Ces trois dernières années, au sein de la majorité, nous nous sommes efforcés de mettre en œuvre les idées et les valeurs qui nous inspirent. Nous les avons traduites en lois. Plus de 400 textes ont été adoptés.

Ces idées et ces valeurs qui nous inspirent, ce sont, en ce qui nous concerne, des idées et des valeurs libérales.

Or, j’entendais encore il y a deux jours un mandataire socialiste parler, à propos de l’action du gouvernement, comme d’un « génocide social ». Un « génocide social »… C’est une outrance.

Mais je pense qu’elle est symptomatique d’une erreur fondamentale. En politique, aucun parti n’a le monopole du social. Aucun parti n’a une légitimité supérieure pour décerner des brevets en la matière.

Hier, le Premier ministre a dressé, à cette tribune, la liste des mesures sociales :

– l’augmentation des revenus des citoyens,

-l’augmentation des dépenses en soins de santé,

-l’augmentation des pensions,

-l’augmentation du revenu d’intégration sociale,

La gauche a coutume de qualifier de « social » tout ce qui a trait à la redistribution de la richesse. Mais nous, en ce qui nous concerne, nous donnons au mot « social » un sens plus large. Nous pensons aussi qu’il faut partager le gâteau mais nous pensons surtout qu’il faut augmenter la taille totale du gâteau. Nous pensons qu’il faut préserver la pérennité financière des outils permettant d’exercer une politique sociale. Bien sûr ! Il faut protéger les plus démunis. Mais il faut aussi protéger la sécurité sociale qui protège les plus démunis.

Une politique sociale, c’est donc une politique qui s’efforce de ne pas dépenser plus que ce qu’elle gagne.
Une politique sociale, c’est une politique qui n’envoie pas la facture aux générations futures.
Une politique sociale, c’est une politique qui encourage et récompense le travail.
Une politique sociale, c’est une politique qui déracine les gens du piège à l’emploi.
Une politique sociale, c’est une politique qui élimine le handicap salarial, qui augmente le salaire net des bas et moyens revenus, qui répartit mieux le fardeau fiscal.
Une politique sociale, c’est une politique qui facilite l’embauche en entreprise et c’est une politique qui pourchasse sans relâche les fraudeurs fiscaux et les fraudeurs sociaux.

Bref, reformer, c’est-à-dire faire le choix de l’ambition et du courage. C’est avoir la volonté de bâtir une économie solide sur laquelle nous pourrons conserver une sécurité sociale généreuse envers les plus faibles d’entre nous.

Il faut poursuivre nos efforts, bien sûr, mais on peut d’ores et déjà constater concrètement, aujourd’hui, les conséquences de cette politique volontariste. Les résultats parlent d’eux-mêmes : notre pays se porte bien mieux aujourd’hui qu’il y a trois ans. Et ce sont les instances officielles, indépendantes qui l’indiquent : le conseil supérieur de l’emploi, le bureau fédéral du plan, l’ocde..

En remettant au cœur de notre action politique la restauration de la compétitivité, c’est le cercle vertueux du redressement économique qui s’installe ! Car le redressement économique amène la croissance dans nos entreprises, qui elle-même est porteuse d’emploi.

Grâce au tax-shift, le pouvoir d’achat des travailleurs a connu une augmentation sans précédent depuis 2009 de 80 euros nets par mois pour une personne gagnant le salaire médian. A cela s’ajoutent les effets des accords issus de la concertation sociale et de l’indexation à partir de juillet 2017. Concrètement pour les travailleurs gagnant 1500€/bruts, cela correspond à 127€ nets par mois et pour un salarié de 3000€ bruts/mois à une augmentation de 147€ nets par mois. Ce ne sont pas des montants anecdotiques !

Mais si les travailleurs sont récompensés en voyant leurs traitements valorisés, l’effort du gouvernement s’est également porté sur les populations les plus fragiles. N’en déplaise à l’opposition qui tente de faire croire que toutes les mesures prises sont antisociales, les allocataires sociaux ont ainsi vu une augmentation de leurs revenus de l’ordre de 9%, soit une augmentation de près de 900€ par an pour un isolé, 1.200 € pour un chef de famille. Les allocations de chômage ont également été relevée de manière significative.

Dans la même logique, le gouvernement a consacré près de 900 millions d’euros à l’amélioration du bien-être des pensionnés. L’essentiel de ce montant a été affecté à la revalorisation des pensions les plus faibles et des pensions minimums. Ainsi, la pension minimum mensuelle pour un travailleur salarié isolé ayant eu une carrière complète aura progressé de 97 € entre octobre 2014 et janvier 2018.  Durant la même période, la pension minimum mensuelle pour un travailleur indépendant isolé ayant eu une carrière complète aura quant à elle progressé de 160 € !

Au chapitre de l’emploi, les mesures portées par le gouvernement et la majorité prouvent leur efficacité. Selon le Bureau fédéral du plan, la Banque Nationale, le FMI et l’OCDE, ce sont plus de 130.000 nouveaux emplois qui ont été créés depuis le début de cette législature. Et, contrairement à ce qu’on entend constamment, ce ne sont pas des emplois précaires car l’emploi partiel n’a pas augmenté et parce que les flexijobs ne sont pas comptabilisés comme de nouveaux emplois.

En outre, pas moins de 262.000 emplois devraient être créés en Belgique entre 2017 et 2022 selon les perspectives économiques du Bureau fédéral du plan. Une évolution qui ramènerait le taux de chômage au niveau le plus bas depuis 1980.

Enfin, toute une série de mesure destinées à favoriser le bien-être au travail verront bientôt le jour, avec notamment le droit à la déconnexion et la mise en place de coachs dédiés aux risques psychosociaux au sein des entreprises.

En quelques années, notre pays s’est réformé en profondeur, a produit des résultats, alors même que l’on vouait ce gouvernement à l’échec. Trois ans plus tard, les indicateurs économiques sont dans le vert, l’emploi a augmenté, le chômage a diminué, la compétitivité est revenue.

Tout ceci dans un climat communautaire respectueux.

On nous prédisait l’apocalypse sociale. Or, nous menons une politique aussi libérale que sociale. Nous avons dit qu’une politique authentiquement sociale devait viser avant tout à la pérennité financière des structures qui assurent ces missions sociales.

Plus fondamentalement, une politique « sociale » n’est pas, selon nous, une politique purement redistributive. C’est bien plus ambitieux que cela.

Une politique sociale, au sens que défend notamment le Prix Nobel Amartya Sen, consiste avant tous à développer nos libertés.

En effet, notre qualité de vie se mesure non à notre richesse mais à notre liberté :

  • la liberté de bénéficier d’une éducation nous permettant de développer notre intelligence et de réfléchir,
  • la liberté de vivre longtemps et en bonne santé,
  • la liberté d’occuper un emploi gratifiant,
  • la liberté de vivre dans un environnement sain,

Les richesses d’une société peuvent être converties en libertés : elles peuvent financer les soins de santé et l’éducation, augmentant ainsi l’espérance de vie et le pouvoir d’action des hommes et des femmes dans le monde.

Ces richesses augmentent la capacité d’exercer effectivement nos libertés. Dès lors, une politique authentiquement sociale démultiplie nos capacités. Elle démultiplie nos libertés !