Benoit Friart député fédéral MR

Pour Benoit Friart, député fédéral MR, la révolution numérique est une opportunité et non une menace

Poser la question, c’est déjà y répondre. Le bouleversement que provoque la révolution numérique dans l’industrie et dans la société est un fait incontestable. Notre économie devient de plus en plus dématérialisée, le marché de l’emploi connaît de profonds changements. Nombreux sont les défis majeurs qui nous attendent !

Dès la fin du XVIIIe siècle, les innovations techniques et technologiques ont permis un développement extraordinaire de l’industrie et des rapports qu’elle entretient avec le travail des hommes.

Aujourd’hui encore, les machines deviennent plus performantes, l’automatisation et la robotisation augmentent la productivité et réduisent la pénibilité de certaines tâches, l’intelligence artificielle progresse à toute vitesse. Cependant, toutes ces innovations s’accompagnent de craintes universelles et répétées. Le travail de l’Homme sera-t-il remplacé par des robots ? Faut-il freiner le progrès en faveur de l’emploi ? Autant de questions qui suscitent la réflexion.

De nombreuses études et projections ont déjà été réalisées, certaines plus optimistes que d’autres. L’une d’entre elles repose sur le phénomène du « dis-appear ». En effet, il ressort que 60 % des emplois qui existeront en 2030 ne sont pas encore connus. D’autre part, certains métiers, dépassés, seront voués à disparaitre. La thèse de la « destruction créatrice » suggère que les emplois perdus seront compensés par ceux qui apparaîtront, à la condition de s’y être préparé.

Que dire alors de notre économie ? Citons l’exemple du secteur bancaire où l’essor du numérique a transformé les procédures traditionnelles, délaissées au profit des services en ligne, prenant au dépourvu les personnes n’ayant pas encore intégré les nouvelles technologies. Pensons aussi aux cryptomonnaies (tels le Bitcoin ou l’Ether). Elles supplantent les modes de paiement classiques, révolutionnent les transactions financières et échappent à tout contrôle des autorités.

Dès lors, la question serait plutôt de savoir si nous sommes en mesure de réussir une stratégie de développement de l’économie numérique. Le premier investissement, et non des moindres, sera celui de la formation aux métiers d’avenir. Ensuite, l’État se doit de mener une politique inclusive. C’est en ce sens que le Mouvement Réformateur a formulé des recommandations concrètes. Le déploiement des mesures, faisant du numérique une opportunité pour tous, doit s’exercer au sein des différents niveaux de pouvoir (européen, fédéral et régional), des entreprises et de l’enseignement afin d’assurer leur efficience.

Au sein de l’Union européenne, les forces se rassemblent pour tenter de rattraper notre retard, notamment par rapport aux États-Unis qui comptent les plus grandes capitalisations boursières comme les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon). En Belgique, les potentialités ne sont pas exploitées en suffisance à l’heure actuelle, faute de profils adéquats sur le marché de l’emploi.

Pour y remédier, Digital Belgium Skills Fund finance des projets de formation en investissant dans des start-ups numériques. Citons aussi BeCentral, un campus numérique installé dans la gare centrale et ouvert à qui veut acquérir des « e-skills ». La Région wallonne a investi 80 millions d’euros pour soutenir les start-ups numériques dans le cadre du projet W.IN.G. Wallcode et Coderdojo sont des écoles de sensibilisation des enseignants et des élèves au codage, aux sciences informatiques et à la logique algorithmique. Dans le Hainaut, Digital Attraxion est un incubateur de start-ups qui les aide à se lancer.

L’intégration numérique se fera au travers de ces initiatives mais il est essentiel d’accélérer encore le processus au sein des entreprises et des pouvoirs publics dans le but de rendre notre pays plus compétitif. Les compétences numériques seront désormais transversales et, sans cesse, nous devrons acquérir de nouvelles connaissances et nous adapter à ces innovations.

La révolution numérique est en marche ! il est impératif de s’approprier ce profond changement technologique et sociétal, de se mobiliser dans une démarche inclusive et de mettre en œuvre les moyens pour accompagner au mieux cette transition numérique